Mettre un visage humain sur le couloir de la mort au Texas

By Lorie J.HOPPER

C'était un homme immense. Il avait des yeux si noirs qui pouvaient vous transpercer et provoquer chez des frissons tout le long de votre colonne vertébrale. Il était officiellement si craint que l'on avait besoin d'un minimum de 2 équipes spécialisées en émeutes pour l'extraire contre son gré de sa cellule. Il était si diabolique qu'en plus d'avoir été condamné à mort au Texas, il avait attaqué vicieusement et assassiné un co-détenu dans la cour extérieure. C'était arrivé pendant mon tour de garde, dans la cour d'une aile dans laquelle je travaillais régulièrement. Je remercie Dieu de ne pas avoir été au travail ce jour-là. Je ne peux honnêtement dire à quel point cette vision aurait pu m'affecter. Les descriptions graphiques apportées par d'autres gardiens et des détenus témoins de la scène étaient macabres, dégoûtantes, comme toutes celles d'un crime abominable le seraient. Cette brutalité à l'état pur, cette indifférence, cette absence de compassion pour la vie d'un autre être humain est effrayante.

Ce n'est ni mon intention, ni mon désir, ni mon souhait de juger cet homme pour ces actions ce jour-là dans cette cour. Ni de faire une analyse du crime qui l'a amené en premier lieu dans les couloirs de la mort. Je ne révèlerai pas son nom en respect de sa famille et de sa mémoire. Ceux à qui je m'adresse le reconnaîtront. Je doute pouvoir un jour comprendre comment une personne peut ôter la vie d'une autre et dans cet esprit, je souhaite réitérer ceci : ce n'est pas dans mes intentions d'excuser ou d'enlever tout sens à ce meurtre. Je laisse ce mystère à ceux plus qualifiés que moi.

Si vous êtes dans les couloirs de la Mort, c'est que vous avez été condamné légalement (innocent ou pas) pour un crime capital et condamné à mort. Maintenant que nous avons mis cela derrière nous, laissez moi vous dire que toutes mes pensées et sentiments vont à TOUS ceux condamnés à la peine capitale. Mes sentiments et ma compassion vont de ceux coupables à ceux condamnés injustement.

La plupart des gens voient les personnes condamnées à mort comme des monstres. Je suppose que cela est compréhensible lorsqu'ils voient les conclusions des rapports de police sur le crime dans les médias, ou lorsqu'ils écoutent les témoignages lors des procès. J'ai vu un autre côté de beaucoup de personnes qui ont été exécutés ou attendent toujours leur exécution.

N'aurais-je pas travaillé comme un officier correctionnel dans les couloirs de la mort du Texas, j'aurais été incapable de vous dire que le même détenu qui avait été capable de tuer un autre prisonnier était également une personne extrêmement intelligente. Il avait un grand sens de l'humour et parfois il me faisait penser à un grand enfant. L'ennui dans cet isolement le poussait à résister aux gardiens qui devaient alors le faire sortir de sa cellule par la force. Si sa vie avait pris un autre chemin, il aurait pu être un excellent psychologue ou même un spécialiste des criminels, tant il aimait observer et jouer avec la nature humaine.

Alors que je travaillais dans l'aile d'isolement, plusieurs jours après le meurtre, je n'avais toujours pas aperçu le visage diabolique, et sadique du tueur à la hauteur du crime commis. J'avais simplement retrouvé le même visage jovial, me souriant et traduisant l'ennui, ce visage auquel je m'étais habituée. Sans dire un mot, j'ai simplement secoué la tête, condamnant ce qu'il avait fait. Et j'ai de nouveau remercié Dieu d'avoir été épargnée d'assister à un événement si macabre et si déconcertant.

Bien que cela remonte à plus de dix ans, je me souviens très bien de ceux rencontrés dans ces couloirs de la mort. La plupart des gens ne verront jamais le visage humain du couloir de la Mort tel que je l'ai vu. Et malheureusement, la plupart des gens continueront d'être soulagés lorsque qu'un meurtrier sera à son tour assassiné.

Je me présente : Je suis une femme de petite taille d'une trentaine d'années. Je suis la mère très fière de deux enfants magnifiques et je possède une licence universitaire. Je suis une "pro-life", je défends toute vie. Dans ma vie, j'ai eu une expérience unique : celle de travailler dans plusieurs prisons de comté et également des les couloirs de la mort.

De nos jours, les gens ont beaucoup de mal à croire que j'ai pu être un jour officier de correctionnel et encore plus à croire que j'ai pu travailler deux ans dans les couloirs de la mort au Texas.

Leur première réaction est de croire que je travaillais dans des unités réservées aux détenues "femmes" ou comme secrétaire dans une unité de détenus "hommes". Je ne comprends toujours pourquoi cela peut être si choquant que ma petite personne ait pu travaillé dans les unités J-21 et J-23.

Les raisons de leurs doutes, sont - sans aucun doute d'une erreur de jugement portée sur les monstres condamnés à mort. On me demande toujours si travailler avec les condamnés à mort est plus "effrayant" que de travailler avec les autres détenus réguliers. Ma réponse est toujours un ferme "NON".

La population carcérale normale a elle aussi son lot de meurtriers, tout comme celle d'avant 1976, lorsque la décision de la Cour Suprême sur le châtiment cruel a commué leurs sentences de mort en condamnation à la prison à vie. De plus, tout officier qui viendrait à se sentir plus "en sécurité " quelque part dans cette prison doit absolument réviser son choix de carrière !

Le message que je tiens absolument à faire passer est que : "Non, ce n'était pas effrayant ou mystérieux de travailler avec des condamnés à mort". Croyez-le ou non, je n'ai jamais vu des cornes pousser sur le front d'un détenu.

Certains clamaient leur innocence, d'autres admettaient leurs crimes, et certains n'en parlaient jamais. Je me souviens, qu'à à certain point, j'étais assez mature pour ne pas laisser le scénario "d'une innocence possible" affecter mon travail en tant qu'officier de correctionnel. Mon opinion se résumait à une totale indifférence et il en aurait été injuste de traiter les détenus différemment.

C'était un travail difficile : physiquement et mentalement. Il y avait une fine frontière entre faire son travail justement et ne pas être trop "amicale". C'était difficile d'être traité différemment par les autres gardiens et les détenus. J'étais là pour faire mon travail, j'en étais fière et j'étais trop têtue pour être prise avec des pincettes. Mon souhait d'avancer dans ma carrière, entretenu par le complexe de Napoléon (petite taille) fut à l'origine de mon désir de travailler dans les unités réservés aux condamnés à mort. (Il faut admettre que travailler à l'ouverture et à la fermeture des portes était loin d'être amusant!)

Simplement parce que je suis une femme, 1m60, cela ne veut pas dire que je pouvais pas faire le même job qu'un homme.

Le travail quotidien se résumait à une routine avec peu d'évènements significatifs. Je passais peu de temps à considérer le fait que je travaillais au sein de personnes, qui avaient été reconnues coupables de meurtre capital. J'ai vu des êtres humains normaux, dont la plupart pétait les plombs à certain moment. Mais j'ai vu des personnes sourire, rire, pleurer, se battre, etc….

J'ai vu des détenus prendre soin les uns des autres. J'ai même vu des détenus prendre soin des gardiens sans que ceux-là ne le sachent. Je les ai vus prendre fait et cause pour des personnes. Je les ai vus s'écrouler lorsqu'ils ne recevaient pas de courrier ou de visites. Je les ai vues ressentir de la douleur lorsque l'un de leurs amis était exécuté. Il y eut même cette fois lorsqu'ils se sont levés, et dans un rassemblement de paix ont refusé de manger le petit-déjeuner qui suivait une exécution. Ce n'était pas des émotions feintes : elles étaient réelles.

Maintenant je ne souhaite pas vous donner l'impression que la population carcérale chez les condamnés à mort était composée d'enfants de chœur. Je ne veux pas édulcorer mes souvenirs. J'ai vu énormément de choses tristes également. Il y eut des moments où moi-même j'ai été touchée. Tout le monde a ses bons jours et mauvais jours.

Mais le point est qu'…

ILS SONT HUMAINS.

Toute visite de l'unité Ellis ne se terminait réellement que lorsque les visiteurs venaient dans les ailes de séparation des Couloirs de la Mort du Texas. Les sons provenant de l'aile lorsque les touristes approchaient ressemblaient à une sirène d'alarme. Les détenus hurlaient, criaient et agissaient tels des animaux. J'étais troublée au départ; ne voulaient-ils pas au contraire montrer une attitude positive pour ces visiteurs ? Alors un jour j'ai demandé à un détenu quel était le but de toute cette bouffonnerie. Il m'a répondu que les gens (visiteurs) envahissaient l'espace privé des détenus ; ils les regardaient bouche bée comme si ils n'étaient rien d'autres que des animaux en cage dans un zoo… c'est pourquoi ils agissaient de la sorte. Je dois vous avouer, même à ce moment-là, que je comprenais ce qu'il ressentait.

Les gens à l'extérieur ne peuvent absolument pas saisir à quoi ressemble la vie en prison, de même que je ne peux moi-même comprendre comme cela doit être de porter un uniforme blanc au lieu d'un gris. Ce que je peux vous dire, ce que je veux vous dire en fait c'est comment le temps passé comme gardien dans les couloirs de la mort a modifié mon opinion sur la peine de mort.

Depuis près de 5 ans maintenant, j'ai promis à Karen que j'écrirai un article pour LHP, j'ai voulu l'écrire depuis si longtemps. J'ai silencieusement soutenu le combat pour abolir la peine de mort. Pour diverses raisons, aujourd'hui a été le jour j pour m'asseoir et commencer à coucher sur papier, des pages et des pages redondantes et désorganisées de mes pensées.

Avant de travailler dans les couloirs de la mort du Texas, j'étais une fervente supportrice de la peine de mort " œil pour œil.. " etc. Mon attitude a évolué vers une indifférence lorsque j'y travaillais. Travailler dans un univers d'homme était en soi déjà assez difficile pour que je considère le pour et le contre de la peine de mort. Ce n'est que des années plus tard que je suis devenue convaincue que la peine de mort n'était pas la solution. Peut-être s'agit-il d'une éveil spirituel qui a joué un rôle en modifiant mon opinion. Je crois également que l'expérience de ces années dans les couloirs de la mort, en voyant le visage humain de ces couloirs a eu pour effet de modifier profondément mes croyances.

Les raisons justifiant pourquoi la peine de mort n'est pas une solution ne manquent pas : je peux citer les nombreuses raisons dans mon sommeil : les exécutions à tort de personnes innocentes, l'exécution des mineurs et des attardés mentaux, une défense inadéquate, des preuves falsifiées, des facteurs raciaux et économiques défavorables, l'hypocrisie religieuse et la toute simple mais néanmoins commune hypocrisie. En tant que parent, j'essaie d'enseigner à mes enfants que deux faux ne font pas un vrai.

J'aime beaucoup cette citation de Mohandas GHANDI :

" Œil pour œil, et bientôt le monde sera aveugle ".

Je crois haut et fort qu'en tant que Chrétienne, être humain, Texane et Américaine que la peine de mort n'est rien d'autre qu'un homicide légal.

" Tu ne dois pas tuer : aussi nous te tuerons ! "

?

( Ignorance et vengeance)

Si nous devons avoir la peine de mort, alors appelons-la par son vrai nom :

" Vengeance "

Chaque argument contre la peine de mort peut être ramené au même dénominateur commun : la valeur de la vie humaine. Je me souviens avoir lu les mots d'un détenu (sur le site Internet de LHP) décrivant ce qu'être totalement et réellement " Pro-life " signifie et je partage totalement son opinion !

A 100% !

Etre " Pro-Life " signifie défendre la vie de TOUS les êtres humains, et pas uniquement certaines vies humaines ou vies intra-utérines.

Mes pensées ne seraient pas complètes si je n'abordais pas le sujet des victimes et de leurs familles. Je n'ai jamais marché dans leurs chaussures et Dieu merci, je ne le ferai jamais. Je ne peux imaginer la douleur perpétuelle qu'ils doivent endurer. Je crois que c'est une réaction naturelle que de souhaiter la vengeance, et que la haine puisse s'installer et dévorer le cœur d'une personne face à une telle perte. Souvenons-nous de ces personnes dans nos prières, souvenons-nous qu'ils sont juste comme nous, ils sont simplement humains.

D'un autre côté, je ne peux non plus imaginer ce que cela doit être d'avoir une personne aimée condamnée à mort. J'ai entendu ce commentaire : " au moins ils peuvent encore passer du temps ensemble ". Je ne pense pas que cela rende la situation plus tolérable ou facile. La perte et la douleur sont communes et brisent deux cœurs et non un seul !

Nous passons également trop de temps à mesurer le quotient diabolique des meurtres (je l'ai moi-même fait). Que vous le regardiez d'une manière ou d'une autre : le résultat est le même : du sang a été versé, une vie a été perdue, de la douleur sera ressentie et ce cycle cruel se terminera avec un autre meurtre. (l'exécution)

En tant que Chrétienne, je crois que nous sommes tous des PECHEURS. Je crois que nous que nous avons TOUS le droit de recevoir le pardon de Dieu à travers sa grâce. Je n'ai jamais lu dans la Bible que la peine de mort n'est pas un pêché ..Et vous ?

Pour ces innocents, je ne peux trouver aucune explication à votre situation d'abandon. Je ne peux que vous inciter à avoir la Foi et d'essayer de faire une différence. Peut-être s'agit-il d'une cause plus importante que vous-même.

J'aurais écrit cet article beaucoup plus tôt si je n'avais pas été autant concerné par ce que les autres pourraient penser.

Une ancienne gardienne du Couloir de la Mort transformée en fidèle de Dieu !

J'étais tiraillée depuis des années par l'envie d'écrire ces mots, je regarde la liste de ceux déjà exécutés et je regrette de ne pas avoir su parler plus tôt. Il y a urgence dans mon cœur que vous sachiez TOUS que vous en valez la peine et que vous n'êtes pas oubliés. La Rédemption vous est toujours offerte.

Votre vie a de la valeur et une signification, même maintenant.

Si j'ai quelques regrets du temps où je travaillais dans les couloirs de la mort, c'est au sujet de mon manque de maturité et de profondeur spirituelle qui m'a empêché de comprendre alors que nous sommes TOUS des enfants de DIEU.

Cela ne résume pas à un simple gris contre blanc.

Je ne suis pas certaine de pouvoir définir quelle sorte d'officier j'étais à l'époque, mais j'ai essayé de faire mon travail du mieux possible. J'étais probablement considérée plus comme une petite sœur que comme un officier de correctionnel farouche. J'ai toujours eu le besoin de faire sourire les gens.

Je me rappelle un autre détenu (aujourd'hui exécuté) qui était toujours calme et poli, et semblait toujours travailler sur quelque chose d'important. La première fois que je l'ai vu sourire fut lorsque je lui adressais très sérieusement : " Les 70's sont de retour ! et elles réclament leur coupe de cheveux ! ", il m'a d'abord regardé comme si j'étais folle puis s'est mis à rire.

J'ai aussi refusé de me laisser intimider, qu'importe les conséquences. J'ignore si c'était intelligent de ma part mais en y repensant, je pense que oui.

Un jour, tandis que je distribuais le dîner, un détenu (aujourd'hui exécuté) s'approcha de moi, prêt à se servir lui-même. Je laissais les détenus le faire une fois seulement que toute l'aile était servie. Je savais pertinemment que la nourriture restante serait jetée à la poubelle et je détestais voir tout ce gâchis. Enfin, j'ai donc demandé au détenu d'arrêter ce qu'il faisait puisque je n'avais moi-même pas encore terminé de nourrir toute l'aile, et qu'une fois terminée il serait le bienvenu. Il me fixa du regard, me défiant de continuer à protester, puis s'approcha pour se saisir de la cuillère. C'était un de ses moments où choix s'imposait : se battre ou fuir. La peur et l'adrénaline parcouraient mes veines. Le type était grand, il aurait pu me briser le coup sans problème. Quelque chose en moi me poussa à prendre la cuillère et à lui répéter une fois de plus fermement qu'il n'avait PAS le droit de se servir tant que je n'avais pas terminé. Il recula finalement, pour quelle véritable raison je l'ignore. Je suis certaine que ce n'était pas mon physique qui l'intimidait. Peut-être pensait-il que j'étais folle, ou craignait d'être attaqué par les autres détenus, ou avait-il une émission à la télé qu'il ne voulait pas manquer, qui sait ! Je n'ai jamais eu d'autre confrontation avec lui après ce jour.

Pour ceux qui se souviennent de moi, pour ceux qui ne se souviennent pas, et pour ceux aussi qui s'en fichent, j'espère que vous vous souviendrez de ceci :

Bien que vous croyiez avoir été oublié et jeté, vous COMPTEZ encore. Dans dix ans, une personne écrira peut-être sur vous à quel point vous avez compté dans sa vie.

Chaque jour est une nouvelle occasion de pouvoir faire une différence, de changer la vie de quelqu'un, de changer son cœur et son esprit. Même si un jury ne vous a jugé que sur votre pire pêché ; vous valez bien plus que cela ! La force en vous peut vous permettre de surpasser ces étiquettes !

Il est si facile de haïr, au contraire cela demande de la force d'aimer ; spécialement ceux qui éprouvent de la haine envers vous. Il y a beaucoup de joie et de paix qui vous envahissent lorsque vous laissez partir l'amertume et la colère.

Depuis plusieurs années maintenant, j'ai eu un poids sur le cœur en pensant que quelqu'un pouvait être exécuté sans avoir reçu la grâce de Dieu. De temps en temps je regarde la liste de ceux qui ont été exécutés ou ceux dont le départ est proche…Et je prie.

Un jour, j'ai vu le nom d'un détenu dont j'ai parlé plus tôt, celui qui avait assassiné sauvagement un co-détenu. J'étais désespérée puis j'ai lu ses dernières paroles, je ne peux exprimer la joie que j'ai ressenti qui a rempli mon cœur, des larmes de soulagement en ont glissé sur mes joues.

Il avait fait la paix avec Dieu et était baptisé. N'importe qui qui connaissait cet homme à travers ses pires actions auraient pu mettre en doute la sincérité de ses paroles. Pas moi, je n'ai pas été surprise. J'étais au contraire grandement soulagée.

Je ne possède pas toutes les réponses ; parfois je ne suis pas très claire sur les questions. Je suis juste un être humain, tout comme vous. Mon opinion ne vaut pas mieux que celle des autres. Néanmoins, je suis ravie d'avoir cette chance de pouvoir partager mes pensées.

Ce n'est pas toujours facile de regarder une personne au-delà de ses pires actes mais..

Si vous ouvrez votre cœur, vous TROUVEREZ la bonté et de la valeur dans CHAQUE vie humaine

Que Dieu vous bénisse


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