QUELQUES INFORMATIONS SUR LA PEINE DE MORT AUX États-Unis

Sommaire
1 - Historique de la peine de mort aux Etats Unis et au Texas

2 - La procédure pénale en bref

3 - Quelques chiffres et faits
4 - La peine de mort au Texas
5 - L'opinion publique face à la question de la peine de mort
6 - Les exécutions - Les exécutions à venir
7 - Les actualités sur le web - Les sites des coalitions et institutions
8 - Sources

 

 
La peine de mort dans le monde

 

3 - Quelques chiffres et faits au 1er Mai 2008
              1. Les exécutions
              2. Les méthodes d'exécution
              3. Les condamnations à mort
              4. La population des couloirs de la mort
              5. Les femmes et la peine de mort
              6. La peine de mort et la maladie mentale
              7. La peine de mort et le racisme
              8. Les libérations depuis 1973
              9. L'efficacité de la peine de mort sur les crimes
              10. Le coût de la peine de mort
              11. Les exécutions en 2007 aux Etats-Unis et mise à jour 2008
              12. Autres études
1- Les exécutions
Depuis la reprise des exécutions jusqu'au 1er mai 2008, 1 102 exécutions ont eu lieu aux Etats Unis dont :

- 143 exécutions de 1977 à 1990

- 956 exécutions de 1991 à 2007 :

  • 1997 : 74 exécutions
  • 1998 : 68 exécutions
  • 1999 : 98 exécutions
  • 2000 : 85 exécutions
  • 2001 : 66 exécutions
  • 2002 : 71 exécutions
  • 2003 : 65 exécutions
  • 2004 : 59 exécutions
  • 2005 : 60 exécutions
  • 2006 : 53 exécutions
  • 2007 : 42exécutions
  • 2008 : 3 exécutions
  • 14 Etats ont aboli la peine de mort ou ne l'ont plus dans leur législation :

 
date de l'abolition
Alaska
Dakota du Nord
Hawaî
Iowa
Maine
1887
Massachussets
Michigan
1846
Minnesota
New Jersey
2007
New York
Rhode Island
1850
Vermont
Virginie occidentale
Wisconsin
1850
District de Columbia
2 états condamnent à mort mais n'exécutent pas :
Kansas
New Hampshire

 

En 2004, les législations sur la peine capitale des Etats de New York et du Kansas ont été déclarées anticonstitutionnelles.

Les Etats qui exécutent le plus sont les Etats du Sud :

Texas
405
   
Virginie
98
 

Répartition par régions au 25 mai 2008 :

- Sud : 901 exécutions

- Midwest : 127 exécutions

- Ouest : 67 exécutions

- Nord Est : 4 exécutions

- Texas et Virginie : 503 exécutions

Oklahoma
86
 
Missouri
66
 
Floride
64
 
Caroline du Nord
43
 
Georgia
41
Caroline du Sud
37
 
Alabama
38
 
Louisiane
27
 
Arkansas
27
 
Ohio
26
Arizona
23
 

 

2 - Les méthodes d'exécution
5 méthodes d'exécutions existent aux Etats-Unis: l'injection létale, l'électrocution, la chambre à gaz, la pendaison, l'escadron. Tous les Etats excepté le Nebraska utilisent l'injection létale ; mais certains Etats peuvent aussi utiliser les autres méthodes en remplacement. Jusqu'en février 2008, le Nebraska était le seul Etat a encore utiliser la chaise électrique; mais la Cour Suprême de l'Etat l'a jugée non constitutionnelle; elle n'est donc plus utilisée ; à ce jour la législation de cet Etat ne prévoit pas d'autre méthode d'exécution. (la dernière exécution au Nebraska qui compte 3 exécutions depuis 1976, date de 1997).
Electrocution : Alabama (choix pour les détenus condamnés avant juillet 2002), Arkansas (choix pour les détenus condamnés avant 1983), Foride (choix pour les détenus condamnés avant janvier 2002), Kentucky (choix pour les détenus condamnés avant juin 1998), Nebraska, Tennesse (choix pour les détenus condamnés avant janvier 1999), Virginie (choix)

Injection : Alabama, Arkansas, Arizona, Californie, Colorado, Connecticut, Delaware, Floride, Geogia, Idaho, Illinois, Indiana, Kansas, Kentucky, Louisiana, Maryland, Missouri, Mississipi, Montana, Caroline du Nord, New Hampshire, New Jersey, New Mexico, Nevada, New York, Ohio, Oklahoma, Oregon, Pennsylvania, Caroline du Sud, Dakota du Sud, Tennessee, Texas, Utah, Virginie, Washington (choix), Wyoming, Juridiction fédérale, Juridiction militaire

Pendaison : Delaware (choix pour les détenus condamnés avant juin 1986), New Hampshire (choix), Washington (choix)

Armes à feu : Idaho (choix pour certains), Utah (uniquement pour 4 personnes ayant déjà choisi)

Chambre à gaz : Arizona (choix pour les détenus condamnés avant novembre 1992), Maryland (choix pour les détenus condamnés avant mars 1994)

La question de l'injection létale :

L'injection létale est effectuée par l'administration successive de trois substances chimiques : la première, le sodium thiopental anesthésie le corps, puis le pancurium bromide provoque sa paralysie, enfin, la troisième substance , le chlorure de potassium provoque l'arrêt cardiaque et la mort.

Depuis plusieurs mois, cette méthode est sérieusement remise en cause par certains scientifiques qui soutiennent qu'elle est douloureuse. Une étude publiée dans The Lancet en 2004 par l'école de médecine de l'université de Miami démontre que l'anesthésiant n'agit pas suffisamment longtemps pour rendre indolore l'exécution. Cette étude avait été conduite par le professeur LUBARSKY, un conservateur républicain et chef du département de l'anesthésiologie de l'université de Miami. Le résultat de la recherche montre que sur les 49 corps de détenus autopsiés, 43 n'avaient pas suffisamment de sodium de thiopenthal pour provoquer l'inconscience du condamné à mort. Sans anesthésiant, la personne est asphyxiée et ressent des sensations sévères de brulures et des crampes musculaires importantes jusqu'à l'arrêt cardiaque. Certains scientifiques ont contesté cette étude arguant que plusieurs heures après l'exécution la concentration de drogues peut augmenter ou diminuer car le sang circule toujours. L'un d'entre eux, le professeur GRONER considère qu'il faut poursuivre les recherches ; selon lui l'injection létale n'est pas appliquée conformément aux standards des anesthésies générales. "C'est pourquoi les détenus ont un grand risque de souffrir. Le détenu suffoque pour mourir alors qu'il semble complètement serein". Source :Anesthesiologist's research cited in death-row inmate's appeal - Carol Marbin Miller -Knight Ridder News Service

Plusieurs détenus font appel de leur condamnation à mort arguant que l'injection létale constitue une violation du 8ème amendement de la Constitution qui interdit les châtiments cruels et inhabituels. Pour certains, l'appel a été refusé et ils ont été exécutés ; d'autres se sont vus accordés un sursis. La Cour Suprême a en effet accepté d'examiner l'affaire de Clarence Hill - Floride - dont le sursis avait été accordé par le juge Anthony M. Kennedy. Hill v McDonough.

La douleur de l'exécution fait hésiter certains juges. Un juge de Cour de District a exigé que du personnel ayant des connaissances médicales assiste à l'exécution du prochain détenu prévue pour ce 21 avril en Caroline du Nord(Willie Brown) pour s'assurer de son inconscience. En mars 2006, en Californie, l'exécution de Michael Morales a été reportée sur un ordre similaire ; un juge fédéral avait demandé de modifier le protocole et l'assistance d'un anesthésiste ; mais les docteurs ont refusé au dernier moment leur participation à l'exécution qui violait le code l'éthique.

En septembre 2007, la Cour Suprême avait accepté d'examiner deux appels concernant la constitutionnalité de l'injection létale ; mais dans une décision du 16 avril 2008, les juges à ont déclaré par sept voix contre deux que les injections létales ne constituaient pas un châtiment "cruel", banni par la Constitution. (voir #LH3)

[ 3 mai 2006 ] USA : un condamné met 1h30 à mourir

Un condamné à mort a mis plus d'une heure et demie à mourir mardi. Le débat sur cette peine est relancé.

Le Nouvel Observateur : http://archquo.nouvelobs.com/cgi/articles?ad=etranger/20060503.OBS6292.html=&host=http://permanent.nouvelobs.com/

L'exécution d'un homme par injection a pris près d'une heure et demie mardi 2 mai dans l'Ohio, une durée particulièrement longue qui va alimenter le débat sur cette méthode de mise à mort, de plus en plus contestée aux Etats-Unis.
Le huitième amendement à la Constitution américaine interdit les "châtiments cruels et exceptionnels".
Dans plusieurs états, dont l'Ohio, la Floride et la Californie, des recours judiciaires ont été déposés contre l'injection létale, considérée comme "cruelle et exceptionnelle" par les demandeurs. En Caroline du Nord, la procédure a dû être modifiée pour une exécution le mois dernier: un électro-encéphalogramme mesurait le degré de conscience du condamné tandis qu'une équipe médicale se tenait prête à intervenir en cas de besoin.
Ce n'était pas le cas mardi au Centre correctionnel de l'Ohio du Sud, pour l'exécution de Joseph Lewis Clark, 57 ans.

Deux voies intraveineuses

La procédure veut que deux voies intraveineuses soient installées, une dans chaque bras. Après avoir placé une aiguille dans le bras gauche de Joseph Lewis Clark, l'équipe d'exécution a cherché une veine dans le bras droit pendant environ 25mn, en vain.
A un moment, un membre de l'équipe a essayé de planter une aiguille dans la jambe droite, en vain également.
Lorsque l'injection a commencé, uniquement par la voie du bras gauche, Joseph Clark a levé la tête et a dit "ça marche pas". Des responsables pénitentiaires ont ensuite expliqué que sa veine avait éclaté.
Après l'intervention du condamné à mort, le rideau a été tiré sur la vitre derrière laquelle les témoins regardaient l'exécution. Ils ont pu entendre Joseph Clark gémir et grogner. Le rideau a été rouvert 40 minutes plus tard, à 11h17. Le condamné avait les yeux fermés. Il a soulevé la tête plusieurs fois et a respiré profondément avant de s'étendre, sans vie. Le décès a été prononcé à 11h26.
Joseph Lewis Clark avait été condamné à mort en 1984 pour une série d'attaques à main armée. Il avait tué un employé de supérette puis, le lendemain, un employé de station-service. Il avait été arrêté trois jours plus tard, après avoir blessé par balles un homme qui retirait de l'argent à un distributeur de billets.
Le gouvernement fédéral a recours aux injections létales, ainsi que 37 des 38 états américains où la peine capitale est en vigueur -le Nebraska utilise encore la chaise électrique.
D'après les associations anti-peine de mort, des batailles judiciaires sont engagées contre la procédure d'injection dans au moins 14 états américains.
(AP)

[ 13 décembre 2006 ] 'interminable agonie d'un condamné à mort en Floride

L'exécution par triple injection mortelle violerait la Constitution américaine

LEMONDE.FR avec AFP | 16.12.06 | 09h25  •  Mis à jour le 16.12.06 | 09h25 http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3222,36-846397,0.html?%20xtor=RSS-3210

'interminable agonie d'un condamné à mort a obligé la Floride (sud-est) à suspendre vendredi toutes ses exécutions, tandis qu'un juge de Californie estimait que donner la mort par triple injection violait la Constitution.

L'AGONIE

Mercredi soir, attaché sur la table d'exécution, Angel Nieves Diaz, 55 ans, avait une aiguille dans chaque bras quand il a pu protester une dernière fois de son innocence. Puis les autorités ont administré les produits mortels, chargés successivement de l'endormir, de le paralyser, puis d'arrêter son coeur. Mais au lieu de s'éteindre paisiblement en quelques minutes, Angel Nieves Diaz a grimacé, frissonné, lutté pour respirer, les yeux grands ouverts, avant d'être pris de convulsions et de mourir au bout d'une longue demi-heure : les aiguilles étaient trop enfoncées et les poisons ont été injectés hors de ses veines.

Angel Nieves Diaz avait pourtant déposé des recours pour contester cette méthode d'exécution, tout comme nombre de ses codétenus. Spécifiquement autorisés en juin par la Cour suprême du pays, ces recours avaient été balayés par la justice de Floride. Vendredi, le gouverneur de l'Etat, Jeb Bush, a annoncé une suspension des exécutions et la création d'une commission d'enquête chargée de rendre ses conclusions le 1er mars sur la procédure de l'injection mortelle et son application dans les prisons de l'Etat.

UN JUGE ET UN GOUVERNEUR

Le débat sur la souffrance potentielle des condamnés exécutés par triple injection est né l'année dernière, quand une étude a révélé que certains cadavres de condamnés ne présentaient que de très faibles doses de sédatif, laissant supposer qu'ils ont pu rester conscients pendant l'injection des deux autres produits, extrêmement douloureux.

Vendredi soir, un juge fédéral chargé d'un recours de Michael Morales, un condamné de Californie (ouest), a estimé que la procédure utilisée dans son Etat violait la disposition de la Constitution américaine interdisant tout traitement "cruel et inhabituel".

La procédure, et tout particulièrement l'utilisation des deux derniers poisons, présente "un risque disproportionné de voir le condamné éprouver une souffrance extrême", a dénoncé le juge Jeremy Fogel après des mois de consultations et cinq journées d'audience en septembre. Précisant qu'il n'était pas appelé à se prononcer sur le bien-fondé de la peine de mort, ni même de l'injection, le juge a estimé que les exécutions pouvaient se poursuivre avec un autre protocole, par exemple en utilisant seulement une dose massive de sédatif. "La pratique de l'injection (par l'administration pénitentiaire californienne) ne marche pas mais peut être corrigée", a expliqué le juge.

REFUS DE MÉDECINS

Dans plusieurs autres Etats, comme le Missouri (centre), le Kentucky (centre-est), le Dakota du Sud (nord), des recours similaires ont provoqué une suspension des exécutions, dans la mesure où la plupart des solutions proposées par les tribunaux se sont heurtées au refus des médecins d'intervenir dans la procédure. En juillet, l'association des anesthésistes américains (American Society of Anesthesiologists - ASA) a expressément demandé à ses quelque 37 000 membres de ne pas répondre aux appels de la justice.

Mais les arguments des détracteurs de l'injection n'ont par exemple pas convaincu les tribunaux du Texas (sud), où 24 condamnés ont été exécutés cette année. Face à cette disparité dans les décisions de justice, il est possible que le débat parvienne un jour devant la Cour suprême.

En savoir plus sur les méthodes d'exécutions :

Conférence organisée par Amnesty International à Paris le 27 mai 2004 avec Rick Halperin http://www.desmainsunies.com/bulletin72004.html

Etude : Y a-t-il une douleur réelle lors de l'exécution ? par Anthony Graves http://www.desmainsunies.com/bulletin142005.htm

La Cour suprême américaine justifie l'injection létale
LE MONDE | 18.04.08 | 15h02  •  Mis à jour le 18.04.08 | 15h03
NEW YORK CORRESPONDANT

Après un moratoire de plus de six mois, la Cour suprême américaine a décidé, par sept voix contre deux, mercredi 16 avril, que les injections létales ne constituaient pas un châtiment "cruel", banni par la Constitution. L'administration de la peine de mort aux Etats-Unis était de facto suspendue depuis que la Cour s'était saisie, en septembre 2007, du recours de deux condamnés à mort dans le Kentucky, Ralph Baze et Thomas Bowling. Tous deux faisaient valoir que les injections létales administrées dans plus de trente Etats américains peuvent provoquer "une douleur insoutenable" lorsqu'elles sont mal pratiquées.
Selon le protocole en vigueur, la première substance est censée endormir le condamné. La deuxième paralyse ses muscles et la troisième provoque un arrêt cardiaque. D'après les avocats des plaignants, si la première substance n'opère pas, la deuxième peut provoquer une "paralysie consciente terrifiante" tandis que la troisième déclenche "une douleur brûlante insoutenable lorsqu'elle s'écoule dans les veines". La méthode s'est répandue en 1978, en remplacement des électrocutions, des chambres à gaz, des pendaisons ou des pelotons d'exécution. Dans certains cas, des injections létales plus longues que prévu auraient provoqué d'intenses douleurs chez les condamnés.
Selon le président de la Cour suprême, le juge John Roberts, les plaignants n'ont toutefois "pas prouvé que le risque de souffrance lié à une mauvaise administration" violait la Constitution. Il ne suffit pas, a-t-il expliqué, qu'une méthode d'exécution puisse "provoquer de la douleur, par accident ou comme conséquence inévitable du processus menant à la mort" pour la rendre inacceptable.
Ralph Baze, condamné pour avoir tué un shérif et son adjoint en 1992, et Thomas Bowling, qui a tué un couple et blessé leur fils âgé de 2 ans, ne demandaient pas à être graciés. Ils voulaient être exécutés au moyen d'une surdose de barbituriques, méthode utilisée pour l'euthanasie des animaux. Mais, pour le président de la Cour, la technique comporte "ses propres problèmes et n'a jamais été testée par aucun Etat". Selon les experts, la décision des juges risque de relancer les exécutions dans des Etats du Sud, comme le Texas ou l'Alabama. Quelques heures après son annonce, le gouverneur de la Virginie, Tim Kaine, a levé le moratoire sur les exécutions dans son Etat. "Les exécutions vont reprendre conformément aux procédures en vigueur" avant l'examen de l'affaire Baze, a-t-il dit. Kevin Green, condamné pour le meurtre d'un commerçant en 1998, pourrait être exécuté dès le 27 mai.
Décevante pour les opposants à la peine de mort, la décision de la Cour ne signifie pas pourtant que les exécutions, dont le nombre est en baisse régulière depuis 2000, vont reprendre de plus belle. Les juges sont en effet apparus divisés sur les critères qui devraient être pris en compte dans la contestation des techniques d'exécution. Ils n'ont ainsi pas mis un point final à la possibilité de déposer des recours.
Pour les juges les plus conservateurs, Clarence Thomas et Antonin Scalia, une méthode d'exécution ne viole la Constitution que si elle est "délibérément conçue pour provoquer de la douleur". Les juges Ruth Ginsburg et David Souter ont estimé, eux, qu'une méthode d'exécution ne devait pas créer le "risque aisément évitable d'infliger une douleur sévère et inutile". Ajoutant à la confusion, l'un des juges, John Paul Stevens, a voté en faveur de la constitutionnalité des injections létales par respect pour les décisions passées de la Cour. Ce qui ne l'a pas empêché d'affirmer qu'après avoir siégé plus de trente ans à la Cour, il jugeait désormais la peine de mort anticonstitutionnelle. Après avoir rendu sa décision, mercredi, la Cour suprême s'est penchée sur un autre dossier : déterminer si le viol d'enfant peut être passible de la peine de mort.

Philippe Bolopion

 

3 - Les condamnations à mort

Le nombre de condamnations à mort diminuent sensiblement depuis 1999 :

 

Années 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005
2006
2007
Condamnations
267
288
287
314
317
317
277
300
276
232
163
168
152
125
125
115
110*

* 110 : estimation du DPIC

 

4 - La population des couloirs de la mort :

Au 1er trimestre 2008, 3 350 condamné(e)s à mort peuplent les couloirs de la mort américains.

Répartition par Etats :

Californie
669
Mississipi
65
Nebraska
10

Répartitions par races:

  • Noirs : 1 397 (42%)
  • Blancs : 1 517 (45%)
  • Latino : 359 (11%)
  • Autres : 77 (2%)
Floride
388
Caroline du Sud
58
Utah
10
Texas
370
Fédéral
50
Connecticut
9
Pennsylvanie
228
Missouri
45
Washington
8
Alabama
201
Kentucky
39
US Militaire
6
Ohio
186
Arkansas
38
Maryland
5
Caroline du Nord
166
Oregon
35
Sud Dakota
3
Arizona
114
Indiana
20
Montana
2
 
Georgia
107
Virginia
20
Wyoming
2

Nombre de femmes : 51

soit 1,70 % de la population totale

 

Tennessee
96
Idaho
19
Colorado
1
Louisiane
85
Delaware
19
Nouveau Mexique
1
Nevada
83
Illinois
13
Oklahoma
82
Kansas
10

 

5 - Les femmes et la peine de mort :

11 femmes ont été exécutées depuis 1976.

  • Velma Barfield - Caroline du Nord - 2 novembre 1984
  • Karla Faye Tucker - Texas - 3 février 1998
  • Judy Buenoano - Floride - 30 Mars 1998
  • Betty Lou Beets - Texas - 24 Février 2000
  • Christina Riggs - Arkansas - 2 Mai 2000
  • Wanda Jean Allen - Oklahoma - 11 janvier 2001
  • Marilyn Plantz - Oklahoma - 1er Mai 2001
  • Lois Nadean Smith - Oklahoma - 4 Décembre 2001
  • Lynda Lyon Block - Alabama - 10 Mai 2002
  • Aileen Wuornos - Floride - 9 Octobre 2002
  • Frances Newton - Texas - 14 Septembre 2005

    Elizabeth Ann Duncan - Californie - 8 août 1962.

Résumé des dossiers des femmes actuellement dans les couloirs de la mort :>>> (en anglais) http://www.deathpenaltyinfo.org/article.php?scid=24&did=228

Voir également l' étude publiée en janvier 2008 (en anglais) : Death penalty for female offenders - January 1, 1973 through december 31, 2007 - Victor L. Streib : http://www.desmainsunies.com/FemDeathDec2007.pdf

 

6 - La peine de mort et la maladie mentale :

Depuis 2002, il est interdit de condamner à mort des personnes retardées mentales dont le QI est inférieur à 70 (décision de la Cour Suprême Atkins v Virginia). 44 personnes avec un retard mental auraient été exécutées depuis 1976. Actuellement on estime que 300 condamnés à mort (ou 10% de la population du couloir de la mort ) souffrent de retard mental ou de maladies mentales. Ces détenus sont bien souvent incapables de comprendre les raisons de leur condamnation ou de communiquer correctement.

A lire : Amnesty Magazine Cruel and Inhumane: Executing the Mentally by DAN MALONE - http://www.amnestyusa.org

7 - La peine de mort et le racisme :

Environ 80% des victimes dans les affaires de meurtres conduisant à la peine capitale, sont de races blanches alors que seulement 50% des victimes de meurtres sont généralement blanches. En 2007 aucune personne blanche n'a été exécutée pour le meurtre d'une personne noire.

Race des accusés exécutés
Race des victimes de meurtre capital
Blancs 625 - 57% Blancs 79%
Noirs 374 - 34% Noirs 14%
Latinos 76- 7% Latinos 5%
Autres 24 - 2% Autres 2%
       
Personnes exécutées pour des meurtres inter raciaux
Accusés blancs/Victimes noires 15 Accusés noirs/victimes blanches 223

96% des Etats ayant effectué des études sur l'influence des facteurs raciaux dans la peine de mort montrent qu'il existe des discriminations soit au niveau de la race des victimes, soit au niveau de celle des accusés. En Caroline du Nord et en Californie des études ont montré que les meurtriers qui ont tué une victime blanche ont 3 fois plus de chance d'être condamnées à mort que ceux qui ont tué des victimes noires et 4 fois plus que ceux qui ont tué des victimes hispaniques.

98% des procureurs en chef dans les Etats pratiquant la peine de mort sont de race blanche ; 1% sont de race noire.

Lire également le discours de Nicole Casarez, juriste, professeur à l'université de St THOMAS à Houston, Texas sur la question du racisme dans l'application de la peine de mort :http://www.desmainsunies.com/nicole.html

Lire aussi l'étude : Racial disparities in the capital punishment by Scott Philipps - University of Denver - Avril 2008 (en anglais) >>> www.desmainsunies.com/racialdisparities.pdf

8 - Les libérations depuis 1973

Depuis 1973, 129 personnes ont été innocentées après avoir passé plusieurs années dans le couloir de la mort.

9 - L'efficacité de la peine de mort sur les crimes

84% des experts en criminologie considèrent que la peine capitale n'est pas dissuasive pour les meurtriers. Les Etats du Sud responsables de 80% des exécutions ont aussi le taux de meurtres le plus élevé.

10 - Le coût de la peine de mort

La peine de mort coûte chère aux Américains :

En Californie, elle coûte aux contribuables 114 millions de dollards de plus qu'une détention à perpétuité ; chaque exécutions coûte 250 millions de dollars.

Au Kansas, le coût d'une affaire de peine capitale est 70% plus élevé qu'une affaire comparable pour laquelle il n'y a pas eu condamnation à mort, y compris les dépenses d'incarcération.

En Indiana, le coût total de la peine de mort excède de 38% environ les coûts d'une peine de prison à perpétuité. Or, en Indiana, 20% des condamnations à mort sont commuées en peine de prison à perpétuité. En Caroline du Nord, elle coûte 2,16 millions de dollars de plus qu'une condamnation à vie.

Au Texas, le coût moyen d'une affaire de peine capitale est de 2,3 millions de dollars (3 fois le coût d'une peine de prison à perpétuité).

La Floride a dépensé en moyenne 24 millions de dollars par exécution depuis 1976

11 - Les exécutions en 2007 aux Etats-Unis (au 10/10/2007) et mise à jour 2008

dépêche de presse du 19 octobre 2007 - Associated Press

Le nombre d'exécutions judiciaires aux Etats-Unis est à son plus bas niveau depuis 1996, conséquence de la décision de la Cour suprême américaine d'examiner la constitutionnalité des exécutions par injection létale.

Invoquant la décision de la plus haute juridiction du pays, la justice de Géorgie a suspendu une exécution prévue vendredi. La Cour suprême a également empêché mercredi une exécution par injection en Virginie, et le Nevada et le Texas ont reporté des exécutions programmées initialement avant la fin de l'année.

"Certains tribunaux se montrent prudents, attendant le verdict de la Cour suprême", explique Lisa McCalmont, de l'école de droit de l'université de Californie à Berkeley.

Moins de 50 exécutions auront lieu cette année, même si plusieurs Etats voulant procéder à des injections létales contestées en justice obtiennent finalement gain de cause. Il faut remonter à 1996, où il y avait eu 45 exécutions, pour retrouver un chiffre inférieur à ce seuil.

Depuis la reprise des exécutions en 1977 après une pause ordonnée par la Cour suprême, 1.099 détenus se sont vu appliquer la peine de mort. C'est en 1999 que le nombre annuel d'exécutions a été le plus élevé avec un total de 98, selon le Centre d'information sur la peine de mort, une organisation opposée à la peine capitale.

Depuis le début de l'année, 42 personnes ont été exécutées. Le Texas, où 26 prisonniers ont été mis à mort en 2007, ne prévoit plus d'exécution avant 2008, et des juges de l'Etat ont empêché quatre exécutions d'avoir lieu.

Des exécutions ont également été reportées en Alabama, Arizona, Arkansas et Oklahoma depuis que la Cour suprême a annoncé le 25 septembre son intention d'examiner un recours contre la méthode d'exécution par injection létale dans le Kentucky.

Les juges de la haute juridiction doivent déterminer si le cocktail de médicaments utilisé pour tuer les détenus peut causer une douleur suffisamment forte pour violer l'amendement constitutionnel qui interdit les châtiments cruels et inhabituels. Une trentaine d'Etats utilisent une méthode d'injection létale similaire à celle du Kentucky. Des tribunaux en Californie, Delaware, Missouri, Caroline du Nord et Tennessee ont déjà stoppé des exécutions en invoquant des problèmes avec les injections létales.

David Dow, un avocat du Centre juridique de l'université de Houston qui représente des condamnés à mort, voit dans la situation actuelle aux Etats-Unis "un moratoire de facto" sur le peine capitale.

Mais le répit dont profitent actuellement une dizaine de détenus dont la date d'exécution avait été fixée risque d'être de courte durée. Même les avocats des détenus du Kentucky reconnaissent que d'autres médicaments et procédures pourraient être utilisés pour réduire le risque de douleur.

La Floride et le Mississippi continuent à prévoir des exécutions cette année malgré la décision de la Cour suprême et l'examen par la justice des deux Etats de demandes sollicitant leur report. Les avocats du Mississippi, où Earl Wesley Berry doit être exécuté le 30 octobre pour un meurtre commis en 1987, affirment qu'il n'y a aucune raison d'attendre la décision de la Cour suprême. En Floride, Mark Dean Schwab, 38 ans, doit être exécuté le 15 novembre pour le viol et le meurtre d'un enfant de 11 ans.

2008

Mise à jour au 28 avril 2008 : la Cour suprême américaine a décidé, par sept voix contre deux, mercredi 16 avril, que les injections létales ne constituaient pas un châtiment "cruel", banni par la Constitution. >> voir ci-dessus

Mise à jour au 25 mai 2008 : 2 exécutions ont déjà eu lieu depuis la décision de la cour suprême et plus d'une vingtaine d'exécutions sont prévues pour les prochains mois - voir la liste des exécutions : Les exécutions - Les exécutions à venir

LIRE LES INTERVENTIONS DES INSTITUTIONS INTERNATIONALES CONTRE LA PEINE DE MORT AUX ETATS-UNIS : http://www.desmainsunies.com/pdm/appels.htm

12 - Autres documents d'études

Rapport publié en 1998 par Death Penalty Information Center traduit par TCADPinternational :

La peine de mort en noir et blanc, qui vit, qui meurt, qui décide >>>http://www.tcadp.org/uploads/File/DeathInBlack&WhiteFR.pdf

Cette page est mise à jour essentiellement grâce aux informations fournies par le Centre d'Information de la peine de mort - Death Penalty Information Center-, http://www.deathpenaltyinfo.org et le site http://people.smu.edu/rhalperi/

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