Texas Innocence Network

Le Texas Innocence Network a accepté d'examiner le cas d'Anthony Graves

Les enquêtes sont menées par les étudiants de l'Université de St Thomas de Houston

Qu'est-ce que le Texas Innocence Network ?

L'affaire d'Anthony Graves par les étudiants de l'Université de St Thomas

Livre

Le Texas Innocence Network (TIN) est né à l'université de Droit de Houston en mars 2000.

Le TIN a révisé 4 000 cas de détenus de tout le pays, qui ont soulevé des revendications d'innocence réelle.

Il examine tous les cas : peine de mort ou non, cas qui impliquent des test ADN aussi bien que des cas qui n'en impliquent pas.

Les étudiants conduisent les investigations par équipes de 2 à 10 étudiants ; ils sont dirigés par le Professeur David R. Dow et le sous-directeur Jared Tyler. Les étudiants de l'université de St Thomas, l'université de Lamar et l'université de l'école de journalisme du Texas participent aux investigations.

Le TIN a conduit plus de 100 enquêtes ; 2 détenus ont été relâchés de la prison après que leur innocence ait été établie.

pour en savoir plus : www.texasinnocencenetwork.org

 

de gauche à droite: Dorris Curry la mère d'Anthony Graves, Arthur Curry, son frère aves les enquêtrices de l'Innocence Network : Meghan Foley, Maria Narciso et Pearl Cajoles.

L'affaire d'Anthony Graves par les étudiants de l'Université de St Thomas (2003)

L'Innocence Network apporte un vrai apprentissage de vies réelles

par Meghan S. Foley and Gia I. Gustilo

Lorsque la pluie commença à tomber tandis qu'ils quittaient le campus de l'université de St Thomas (UST) en novembre dernier, Pearl Cajoles, alors étudiante de troisième année en communication, était sûre qu'il s'agissait là d'un présage.

" Nous étions en chemin pour le couloir de la mort, et le ciel s'est assombrit subitement " se souvient Pearl, à présent en quatrième année - " cela ne fit qu'ajouter à une tension déjà bien présente ".

Pear Cajoles et Kristina Cashion, alors en quatrième année d'étude de communication parcouraient alors les 76 miles séparant Houston de Livingston au Texas pour interviewer le détenu Anthony Graves pour " Innocence Project " (Projet de l'Innocence) un cours de journalisme d'investigation qui était proposé à l'Université de St Thomas depuis l'automne 2001.

Ce périple était un des nombreux voyages que les étudiants et leur professeur de communication Nicole Casarez allaient entreprendre l'année suivante pour enquêter sur l'affaire Graves en tant que sujet principal de leur cours.

Ces voyages allaient les mener à Austin, à la Nouvelle Orléans et dans des villes si petites qu'il était difficile de les trouver sur une carte du Texas. Les étudiants découvrirent ainsi la dichotomie réelle et pesante entre l'hospitalité du Sud sans pareil et la ségrégation naturelle que ni la sociologie, ni un livre d'histoire ne pourraient jamais vraiment expliquer.

Cette enquête allait devenir une aventure qui changerait la vie des étudiants et leur apprendrait plus qu'ils ne s'y attendaient.

Le réseau

Le réseau du Centre d'Innocence Texan de l'Université de Houston (CITUH), à travers lequel le Projet d'Innocence a été créé et opère, fait partie d'un réseau national d'écoles de droit et de journalisme qui enquête sur les revendications d'innocence des détenus.

Nicole Casarez, avec l'aide de David Dow, directeur du CITUH et d'Ellie Collier, directeur du Bureau du volontariat de l'université de St Thomas, créa le projet d'Innocence il y a trois ans.

Chaque année des milliers de détenus contactent le Réseau d'Innocence pour recevoir de l'aide. La plupart des demandes sont rejetées après une enquête préliminaire qui démontre l'absence de preuves nouvelles pouvant les disculper. D'autres demandes le sont pour des problèmes purement légaux. " Nous avons eu le cas d'un homme condamné à perpétuité pour meurtre dans un autre état ; il pouvait apporter la preuve de son innocence mais avait épuisé tous ses appels " raconte Gia Gustila, étudiante en DESS " Toute enquête dans son cas aurait été finalement inutile car inutilisable devant la loi. Réellement, dans cette affaire il n'y a pratiquement aucune chance que nous puissions faire la différence. C'est douloureux. "

Le cas d'Anthony GRAVES

Lorsque Karen Hamilton, Directeur adjointe du CITUH contacta Casarez peu de temps après le début des cours en automne 2002, elle déclara qu'elle avait un dossier entre ses mains qu'elle souhaitait soumettre aux étudiants de toute urgence.

Le dernier appel d'Anthony GRAVES approchait rapidement et Hamilton pensait que cette affaire méritait grandement que l'on s'y intéresse. S'il y avait une nouvelle preuve de son innocence, les étudiants se devaient de la trouver et de la trouver rapidement.

L'affaire Graves plut immédiatement aux étudiants. En août 2002, Anthony Graves, alors âgé de 29 ans, et Robert Carter, un gardien de prison de 24 ans, furent impliqués et plus tard reconnus coupable des meurtres de 6 personnes à Somerville au Texas. Une ville que le quotidien The Houston Chronicle décrivit comme tel : " une petite ville de campagne, avec un seul feu rouge pour le train …de 1500 âmes, où tout le monde connaît tout le monde ".

La cousine de Graves, Theresa " Cookie "Carter, l'épouse de Robert CARTER, fut également arrêtée et détenue plusieurs mois pour les mêmes accusations mais relâchée pour manque de preuve. Anthony Graves fut condamné suite au témoignage de Carter et aux témoignages de plusieurs prisonniers " indics " qui déclaraient avoir entendu GRAVES s'incriminer.

Cependant, selon des documents de la Cour et des déclarations sous serment obtenues par les étudiants, Robert CARTER se rétracta devant plusieurs personnes, dont le procureur général, avant et après le procès d'Anthony Graves.

Deux semaines après avoir enregistré sur cassette une déposition innocentant toute participation au crime Anthony Graves, R.Carter fut exécuté par injection létale. Lors de l'exécution, R.Carter innocenta de nouveau Anthony Graves.

" C'était moi et moi seul " Carter déclara " Anthony n'a rien à voir avec tout cela ".

Au début de l'enquête, les étudiants participant étaient naturellement sceptiques. Cependant, au fur et à mesure que l'enquête avançait, il devenait de plus en plus évident que le procès de Graves était un échec cuisant de la justice, comme le dit Meghan S.Foley, qui continue de participer au projet malgré l'obtention de son diplôme en Mai.

" Il nous a fallu un certain temps pour nous convaincre, mais la preuve est bien réelle " ajouta Michael Bingham, jeune diplômé qui commença le cours dès sa création et continue d'apporter son soutien au Projet.

Le principal témoin de l'alibi de Graves, sa petite amie de 19 ans déclara au groupe d'étudiants qu'elle n'avait pas témoigné car le procureur général avait déclaré à la Cour qu'elle deviendrait suspect dans les meurtres si elle témoignait en faveur de Graves. Les étudiants trouvèrent un prisonnier à Teague au Texas, qui avait déclaré qu'Anthony Graves s'était incriminé lors de son séjour en prison dans l'attente de son procès. Le détenu expliqua aux étudiants qu'il croyait que sa peine allait ainsi être réduite grâce à ce témoignage et ce malgré son lourd passé de délinquant.

Il a par la suite signé une déclaration sous serment déclarant qu'à l'époque de son témoignage, il était sous forte dose médicamenteuse pour des troubles d'ordre psychologique et qu'il n'était plus certain de ses déclarations. Il avoua n'avoir jamais voulu incriminer Anthony Graves et croit même à son innocence.

" Ils n'ont aucun témoignage réel concernant Graves. Ils n'ont pas d'aveu. Ils n'ont rien. Ce cas ne repose sur rien " explique Roy Greenwood, l'un des avocats d'appel d'Anthony Graves.

Alors que le semestre touchait à sa fin, l'implication des étudiants ne faiblissait pas car chaque nouvelle preuve, chaque nouvel entretien appuyait l'hypothèse qu'un homme innocent était détenu dans le couloir de la mort. " Depuis que j'ai commencé à m'intéresser à l'affaire Graves, je n'ai jamais arrêté "-a écrit Kristina Cashion, dans un article paru dans le Cauldron - le journal du campus. " Je voulais savoir au fond de moi-même s'il était innocent ou coupable. Mais à l'inverse de ce que je croyais, je ne le vois pas comme un sujet d'étude ou comme un monstre, mais comme un homme aimable, articulé et qui sait bien s'exprimer ".

Nicole Casarez et ses étudiants passèrent des heures entières à fouiller de vieux documents, à lire les compte-rendus des tribunaux, essayant de trouver de nouveaux ou anciens témoins. Le groupe passa des heures entières, voire plus pour obtenir des entretiens - parfois en restant garé en face de maisons pendant des heures ou des week-ends, même si cela signifiait embourber leur véhicule sur les vielles routes de campagne.

" Ce fut toute une aventure " déclara Chester Soria, un étudiant de seconde année qui a commencé récemment le cours et planifie de s'y réinscrire l'année prochain.

" Le Réseau d'Innocence vous amène dans le monde réel -ajoute Maria Narciso, en troisième année d'étude de communication - nous devons sans cesse nous inspirer de nos cours de rédaction d'articles ou d'investigation. Cela fait presque dix ans à présent et les gens ont toujours autant de mal à s'exprimer au sujet de Graves. Certains refusent de nous parler tout net. "

Les leçons

Début avril, Nicole Cesarez et quatre étudiants allèrent à la Nouvelle Orléans, assister à la requête d'Anthony Graves devant le 5ème Circuit de la Cour d'Appel.

Les étudiants pensent que les juges avaient l'air d'être intéressé par cette affaire car ils posèrent des questions appropriées concernant la revendication d'innocence de Graves. A ce jour, la décision de la Cour n'a toujours pas été rendue publique.

Bien que le cours a pris fin techniquement en décembre, la plupart des étudiants continuent de s'investir bénévolement dans l'affaire Graves. Tous les étudiants ont admis que ce cours a changé leur vie.

" Je suis venue à l'Université de St Thomas après avoir étudié dans une petite université *. L'université pour moi se résumait à aller en cours, obtenir des notes et retourner à la maison ", a dit Pearl Cajoles . " Je crois que la chose la plus importante que ce cours m'ait appris est qu'en tant que journaliste je peux faire une différence. "


Meghan S.FOLEY est diplômée de l'Université de St Thomas (UST), année 2003.

Qia L.Qustilo, une étudiante en classe préparatoire à St Thomas est également diplômée de l'UST, année 2001.

* Community College : université ne validant que deux années après le lycée, contrairement aux universités qui valident quatre années d'étude avant de proposer des écoles de droit, de médecine, de journalisme…

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BOOKS

Executed on Technicability : Lethal Injustice on America's Death Row

by David Dow

with comments about Anthony Graves' case

Executed on a Technicality: Lethal Injustice on America's Death Row, by Professor David Dow, is a behind-the-scenes look at the death penalty through the lens of an attorney who formerly supported capital punishment. Dow, who teaches at the University of Houston Law Center and founded the Texas Innocence Network, provides case histories illustrating serious flaws in the death penalty system. He uses these cases to guide readers through a web of coerced confessions, incompetent representation, racist juries, and unfair judges, all of which he believes contribute to the arbitrariness of capital punishment. In many cases, obscure technicalities in the law prevented courts and juries from hearing evidence that would have prevented an execution or a death sentence. Dow relates the case of one man who was executed because the jury never heard from two eyewitnesses who swore he was not the murderer. In another case, a man was allowed to represent himself despite the fact that his mental imbalance - as evidenced by his attempts to issue a subpoena to Jesus Christ and dressing as a cowboy during the trial - was obvious. (Beacon Press, April 2005). source : http://www.deathpenaltyinfo.org

read more >>> http://www.beacon.org/catalogs/sp05/dow.html

To know more :

Frequent Injustice BY PATRICK TIMMONS >>> www.desmainsunies.com/anthonygraves2/mediaP11.htm

 

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